Saisonnier

Il n’y a pas une convention collective de la restauration, mais trois : la convention collective restauration désigne, selon l’activité de l’établissement, l’un de ces trois textes. Un restaurant traditionnel, un café ou un hôtel relève de la convention des hôtels, cafés, restaurants, dite HCR (IDCC 1979). Une enseigne de vente à emporter relève de la restauration rapide (IDCC 1501). Une cantine gérée par un prestataire privé relève de la restauration de collectivités (IDCC 1266). Les trois grilles de salaires en vigueur en septembre 2026 ont un point commun : leurs premiers niveaux sont passés sous le SMIC, fixé à 12,31 € bruts de l’heure depuis le 1er juin 2026, et c’est donc le SMIC qui se paie.
Cette page donne, pour chaque texte, les chiffres qui se retrouvent sur la fiche de paie : minima, durée du travail, heures supplémentaires, repas, jours fériés, mutuelle. Le fonctionnement général du secteur, ses contrats courts et la hiérarchie des accords sont présentés dans notre article sur l’hôtellerie-restauration, que cette page ne répète pas. Le Code du travail numérique, service du ministère du Travail, référence ces trois conventions sous leurs identifiants.
| Convention | IDCC | Date du texte | Qui elle couvre |
|---|---|---|---|
| Hôtels, cafés, restaurants (HCR) | 1979 | 30 avril 1997, en vigueur le 7 décembre 1997 | restaurants avec service à table, cafés, bars, hôtels |
| Restauration rapide | 1501 | 18 mars 1988, en vigueur le 18 mai 1988 | vente à emporter, service au comptoir, livraison |
| Restauration de collectivités | 1266 | 20 juin 1983, étendue par arrêté du 2 février 1984 | entreprises privées qui gèrent des restaurants d’entreprise, scolaires ou hospitaliers |
Ce qui décide du rattachement, c’est l’activité principale réellement exercée par l’établissement, pas l’intitulé du poste ni le choix de l’employeur. Une pizzeria qui sert à table relève en principe de la HCR ; la même enseigne qui ne fait que de l’emporter relève de la restauration rapide. En cas de doute, l’IDCC figure sur le bulletin de paie, et les services du ministère du Travail en région peuvent trancher un rattachement contesté.
Le dernier texte de salaires de la convention HCR publié sur Légifrance est l’avenant n° 33 du 19 juin 2024, étendu par arrêté du 5 novembre 2024. Ses minima horaires bruts n’ont pas été remplacés depuis.
| Niveau | Échelon 1 | Échelon 2 | Échelon 3 |
|---|---|---|---|
| I | 12,00 € | 12,08 € | 12,18 € |
| II | 12,28 € | 12,55 € | 13,17 € |
| III | 13,32 € | 13,54 € | 14,00 € |
| IV | 14,40 € | 14,77 € | 15,40 € |
| V | 18,43 € | 21,78 € | 28,12 € |
Service Public fixe le SMIC horaire brut à 12,31 € depuis le 1er juin 2026. Les quatre premiers échelons de la grille, du niveau I échelon 1 au niveau II échelon 1, sont donc en dessous. Un plongeur, un commis ou un employé polyvalent classé à ces niveaux ne peut pas être payé au taux de la grille : il perçoit au moins le SMIC, comme le rappelle le Code du travail numérique, qui impose de retenir le plus favorable des deux.
L’écart se lit dès le niveau II échelon 2 : à 12,55 €, le minimum conventionnel repasse au-dessus du SMIC, et c’est lui qui s’applique. Un salarié classé à ce niveau et payé 12,31 € de l’heure est sous-payé, même s’il touche le SMIC.
Restauration rapide. L’avenant n° 72 du 5 juin 2025, étendu par arrêté du 31 juillet 2025 publié le 7 août 2025, fixe les minima horaires de 11,88 € (niveau I, échelon A) à 17,34 € (niveau IV, échelon D). Les niveaux I A, I B (11,90 €) et II A (12,22 €) sont sous le SMIC de 2026 ; le niveau II B (12,45 €) le dépasse. Le niveau V, celui des cadres, est exprimé en salaire annuel, de 44 645,78 € à 72 408,11 €.
Restauration de collectivités. L’avenant n° 68 du 14 février 2025, étendu par arrêté du 30 avril 2025, classe les emplois en neuf niveaux, de 11,89 € de l’heure (niveau I) à 19,31 € (niveau IX). Les niveaux I à IV, jusqu’à 12,30 €, sont sous le SMIC ; le niveau V, à 12,96 €, le dépasse. Le texte donne aussi un minimum mensuel et un minimum annuel, qui vaut treize fois le mensuel : 1 803,32 € par mois et 23 443,16 € par an au niveau I. Le même avenant fixe une prime d’activité continue de 53 € par mois et porte la prime d’intermittence à 3,5 % du salaire de base annuel.
Ces montants sont les derniers publiés au 25 septembre 2026. Un avenant signé mais pas encore étendu ne s’impose qu’aux entreprises adhérentes des organisations signataires : c’est la date d’extension, pas la date de signature, qui compte pour les autres.
C’est la différence la plus visible sur la fiche de paie. La convention HCR fixe la durée hebdomadaire à 39 heures pour toutes les entreprises, selon l’article 3 de l’avenant n° 2 du 5 février 2007. Les heures entre la 36e et la 39e sont des heures supplémentaires, payées avec une majoration réduite. L’article 4 du même avenant fixe les taux :
| Heures dans la semaine | Majoration HCR | Majoration légale par défaut |
|---|---|---|
| 36e à 39e heure | 10 % | 25 % |
| 40e à 43e heure | 20 % | 25 % |
| À partir de la 44e heure | 50 % | 50 % à partir de la 44e |
La colonne de droite est celle de l’article L3121-36 du code du travail, qui ne s’applique qu’en l’absence d’accord : 25 % pour les huit premières heures supplémentaires, 50 % ensuite. La HCR a négocié des taux plus bas sur les huit premières, ce que la loi permet à un accord de branche.
L’avenant n° 1 du 13 juillet 2004 fixe aussi, pour la HCR :
Ce régime des 39 heures est propre à la HCR. Dans la restauration rapide et la restauration collective, les heures supplémentaires se décomptent au-delà de la durée légale de 35 heures, avec les taux prévus par leur propre texte ou, à défaut, ceux de l’article L3121-36.
Le repas pris sur place est un avantage en nature, qui apparaît sur la fiche de paie. L’article D3231-10 du code du travail pose la règle : quand l’employeur fournit la nourriture, elle est évaluée par la convention ou l’accord collectif ; à défaut, à deux fois le minimum garanti par jour, ou une fois par repas.
La convention HCR ajoute une protection. L’article 17 de l’avenant n° 1 du 13 juillet 2004 stipule que les entreprises « ne procéderont plus aux déductions » prévues par les anciens articles D141-6 et D141-8 du code du travail, qui portaient sur l’avantage nourriture. Une retenue sur salaire fondée sur ces anciens articles n’a donc plus cours en HCR ; en cas de doute sur la ligne nourriture d’une fiche de paie, le service paie puis l’inspection du travail sont les interlocuteurs.
Dans la convention HCR, l’avenant n° 6 du 15 décembre 2009 accorde 10 jours fériés par an en plus du 1er mai aux salariés qui ont un an d’ancienneté dans l’établissement. Six de ces jours sont garantis : chômés et payés, ou compensés s’ils sont travaillés ou tombent un jour de repos. Les quatre autres donnent droit à une compensation s’ils sont travaillés, mais pas s’ils coïncident avec un jour de repos. Les saisonniers en bénéficient au prorata de la durée de leur contrat.
Le 1er mai obéit au code du travail, pas à la convention : s’il est travaillé, dans un établissement qui ne peut pas interrompre son activité, le salarié perçoit en plus de son salaire une indemnité égale à ce salaire (article L3133-6), soit un jour payé double.
La complémentaire santé d’entreprise est obligatoire partout, mais chaque branche a organisé la sienne.
La prévoyance compte surtout quand un arrêt se prolonge : c’est elle qui peut prendre le relais du maintien de salaire, comme le montre notre calcul sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois. Le montant des cotisations et le niveau des garanties se lisent dans la notice remise par l’employeur.
La convention collective s’impose au contrat, sauf quand le contrat est plus favorable. L’article L2254-1 du code du travail le formule ainsi : lorsqu’un employeur est lié par une convention, ses clauses s’appliquent aux contrats de travail conclus avec lui, « sauf stipulations plus favorables ». C’est le principe de faveur.
Concrètement, dans la restauration :
La convention elle-même ne peut pas descendre sous le code du travail, et l’accord d’entreprise ne peut pas y déroger sur les treize thèmes que la loi réserve à la branche. Ce jeu entre les niveaux de textes, et ses conséquences pour les saisonniers, est détaillé dans les pages sur le contrat saisonnier et les droits des saisonniers.
L’employeur qui relève de l’une de ces conventions doit l’appliquer à tous ses salariés, sans que le contrat ait besoin de la citer. Trois vérifications suffisent à repérer l’essentiel d’un écart :
Le texte consolidé de chaque convention est publié sur Légifrance, rubrique conventions collectives, et le Code du travail numérique y renvoie depuis sa fiche par IDCC. C’est la seule version qui fait foi : beaucoup de résumés en ligne affichent encore une grille antérieure.
Le rattachement d’un établissement à activité mixte, restaurant et vente à emporter, se juge sur les faits. Le classement d’un poste dans un niveau dépend des critères de la grille de classification de chaque convention, pas de l’intitulé. Et un rappel de salaire ou d’heures supplémentaires se discute avec l’employeur, puis, en cas de désaccord, avec l’inspection du travail, un défenseur syndical ou un avocat.
Cela dépend de l’établissement : HCR (IDCC 1979) pour les restaurants avec service à table, cafés et hôtels ; restauration rapide (IDCC 1501) pour la vente à emporter ; restauration de collectivités (IDCC 1266) pour les cantines gérées par un prestataire privé.
Aucune nouvelle grille HCR n’a été publiée depuis l’avenant n° 33 du 19 juin 2024. En 2026, ses quatre premiers échelons, de 12,00 € à 12,28 €, sont sous le SMIC à 12,31 € : c’est le SMIC qui s’applique.
Oui. Ce sont des heures supplémentaires majorées de 10 %. Les heures de la 40e à la 43e sont majorées de 20 %, et de 50 % à partir de la 44e.
En HCR, 10 jours fériés par an plus le 1er mai, après un an d’ancienneté, dont 6 garantis. Le 1er mai travaillé est payé double.
Oui. En HCR, le régime de branche couvre le personnel après un mois civil entier dans l’entreprise. La restauration rapide et la restauration collective ont chacune leur propre régime.
Sur Légifrance, rubrique conventions collectives, sous l’IDCC 1979. Le Code du travail numérique y renvoie depuis sa fiche consacrée à cette convention.
Sources :
Les montants cités sont les derniers publiés au 25 septembre 2026. Une grille conventionnelle évolue par avenant, et le texte consolidé publié sur Légifrance reste la seule référence opposable ; l’analyse d’une situation individuelle relève de l’inspection du travail ou d’un professionnel du droit.