
Le nouveau formulaire d’arrêt de travail est un Cerfa papier sécurisé, fourni aux médecins par l’Assurance maladie, obligatoire pour tout arrêt prescrit sur papier depuis le 1er juillet 2025 et seul accepté depuis le 1er septembre 2025. La version en ligne sur le portail officiel des formulaires, et citée par Service Public, porte le numéro **cerfa n° 1017008*. Les anciens imprimés, les photocopies et les scans sont refusés. Ce nouveau formulaire arrêt de travail remplace tous les anciens imprimés, sans exception.
Pour le salarié, la démarche ne change presque pas : vous envoyez toujours les volets 1 et 2 à votre caisse dans les deux jours, et le volet 3 à votre employeur. Ce qui change, c’est qu’un avis sur le mauvais papier ne vaut plus rien, et que l’envoi tardif coûte désormais plus cher qu’avant.
| Date | Ce qui a changé |
|---|---|
| 1er juillet 2025 | Formulaire sécurisé obligatoire pour les arrêts papier (décret n° 2025-587 du 28 juin 2025) |
| 1er septembre 2025 | Fin de la tolérance : tout avis papier non sécurisé est rejeté |
| 1er janvier 2026 | Un avis reçu après la fin de l’arrêt peut entraîner une réduction de 100 % des indemnités |
| 27 juin 2026 | Arrêt en téléconsultation : un seul renouvellement à distance (loi n° 2026-534) |
| 1er septembre 2026 | Durée plafonnée à 31 jours pour un premier arrêt et 62 jours pour une prolongation, sauf justification écrite |
C’est le même document qu’avant dans son contenu, trois volets, les mêmes rubriques, mais imprimé sur un support qui ne se reproduit pas. Le décret n° 2025-587 du 28 juin 2025 a réécrit l’article R321-2 du code de la sécurité sociale : quand l’arrêt n’est pas prescrit en ligne, le professionnel de santé doit utiliser un formulaire mis à sa disposition par la caisse, répondant à des spécifications techniques qui permettent son authentification, et l’assuré transmet l’original signé que le praticien lui remet. L’article L321-2 du même code parle d’un « formulaire homologué » qui doit comporter la signature du prescripteur.
Deux conséquences pratiques en découlent. Le formulaire ne se télécharge pas pour être rempli : le modèle publié sur le portail des formulaires est un spécimen, et le vrai document ne s’obtient qu’auprès du médecin qui prescrit. Et un arrêt papier qui n’a pas été rempli sur ce support n’est plus un arrêt valable pour la caisse, quelle que soit la bonne foi du patient.
La question revient sur Google, et elle a une explication simple. Au lancement, en 2025, les relais professionnels, comme Cerfrance dans son article du 5 août 2025, présentaient le formulaire sécurisé sous la référence **1017007. La fiche Service Public sur les démarches du salarié en arrêt maladie, vérifiée le 1er septembre 2026, et le spécimen publié sur le portail officiel des formulaires portent aujourd’hui la référence 1017008**.
Ce qui fait la validité d’un avis n’est pas le chiffre après l’astérisque, c’est le support sécurisé. Si vous avez reçu un avis dont vous doutez, seule votre caisse d’assurance maladie peut dire s’il sera accepté : mieux vaut l’appeler avant l’expiration du délai de deux jours que découvrir un rejet trois semaines plus tard.
Le nouveau formulaire se reconnaît à l’œil et au toucher. Cerfrance Maine-et-Loire décrit sept dispositifs d’authentification, parmi lesquels un papier spécial, une étiquette holographique, une encre magnétique et des éléments d’identification du prescripteur. Service Public mentionne l’étiquette holographique comme signe distinctif.
Trois vérifications suffisent à la réception :
Un document photocopié, scanné puis imprimé, ou envoyé en photo par courriel, ne remplit aucune de ces conditions. Service Public est explicite : « les photocopies et les scans ne sont plus acceptés ».
L’avis comporte trois volets, et chacun a son destinataire. La notice officielle du formulaire, destinée au patient, fixe la répartition selon votre statut.
Salarié du secteur privé. Vous complétez les rubriques « l’assuré(e) » et « l’employeur », puis :
Le volet 1 est le seul qui porte les éléments médicaux. C’est pour préserver le secret médical qu’il part sous enveloppe au médecin-conseil et qu’il ne va jamais à l’employeur.
Fonctionnaire. La logique s’inverse : volets 2 et 3 à l’employeur dans les deux jours, et vous conservez le volet 1, à présenter au médecin agréé de votre administration s’il le demande.
Travailleur indépendant ou non-salarié agricole. Volets 1 et 2 à la caisse (ou à la MSA) dans les deux jours, et vous conservez le volet 3.
Demandeur d’emploi. Volets 1 et 2 à la caisse dans les deux jours, et le volet 3 à l’organisme qui vous indemnise : la notice, qui n’a pas été mise à jour sur ce point, parle encore de Pôle emploi, devenu France Travail.
Le même chiffre s’applique aux deux destinataires, mais il ne repose pas sur le même texte.
Vers la caisse, le délai de deux jours est fixé par l’article R321-2 du code de la sécurité sociale. Le premier retard donne lieu à un avertissement : selon l’article D323-2, la caisse vous informe du retard et de la sanction encourue en cas de nouvel envoi tardif dans les 24 mois. Au deuxième retard dans cette période, les indemnités journalières de la période comprise entre la date de prescription et la date d’envoi sont réduites de 50 %, sauf hospitalisation ou impossibilité justifiée d’envoyer à temps. Service Public ajoute un durcissement : depuis le 1er janvier 2026, lorsque l’arrêt est reçu par la caisse après la fin de la période prescrite, les indemnités « peuvent être réduites de 100 % pour toute la période concernée ».
Vers l’employeur, Service Public indique que « l’usage veut » que l’information soit donnée dans les 48 heures, et que le volet 3 peut être précédé d’un appel, d’un courriel ou d’un SMS. Le délai a surtout une portée financière : l’article L1226-1 du code du travail subordonne le complément de salaire versé par l’employeur à la condition d’avoir justifié de l’incapacité dans les quarante-huit heures. Ce complément, et la façon de le porter jusqu’à 100 % du salaire, font l’objet de notre page sur le maintien du salaire en arrêt maladie. Service Public signale enfin qu’un défaut de transmission expose à une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement.
Depuis le 1er septembre 2025, un avis d’arrêt de travail papier non sécurisé est rejeté par l’Assurance maladie et retourné au prescripteur, qui doit l’établir à nouveau sur le bon support. La Fédération hospitalière de France, qui relaie la consigne auprès des établissements, précise que l’Assurance maladie en informe également l’assuré.
Pour le salarié, le risque est double. Tant qu’aucun avis conforme n’est arrivé, la caisse n’a pas d’arrêt valable à indemniser. Et si le nouvel avis parvient hors délai, les règles d’envoi tardif décrites plus haut peuvent s’appliquer. La bonne réaction, à réception d’un avis sur papier ordinaire, est de retourner voir le prescripteur immédiatement, sans attendre la lettre de rejet.
Le choix du support revient au prescripteur, cabinet, service d’urgences ou clinique, mais la conséquence d’un rejet sur les indemnités retombe sur l’assuré. D’où l’intérêt de vérifier l’avis avant de quitter le cabinet.
La plupart des arrêts ne passent plus du tout par le papier. Lorsque le médecin prescrit en ligne, il télétransmet lui-même les volets 1 et 2 à la caisse, et vous ne recevez que le volet 3, à envoyer à votre employeur. Service Public décrit ce fonctionnement pour les arrêts établis en téléconsultation, où le médecin télétransmet le plus souvent les deux volets. Dans ce cas, le nouveau formulaire ne vous concerne pas, et le délai de deux jours vers la caisse non plus, puisque l’envoi est fait par le médecin.
La téléconsultation obéit en revanche à des règles de durée strictes, fixées par l’article L6316-1 du code de la santé publique dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, en vigueur depuis le 27 juin 2026 :
Le formulaire lui-même porte une case « en téléconsultation », que le médecin coche lorsqu’il établit un avis papier à l’issue d’une consultation à distance.
Une seconde réforme, sans rapport avec le support papier, touche la durée des arrêts. Deux décrets du 12 juin 2026, pris pour l’application de l’article 81 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, plafonnent depuis le 1er septembre 2026 la durée prescrite :
Le médecin peut dépasser ces durées à condition de justifier par écrit, sur la prescription, la nécessité d’une durée plus longue au regard de la situation du patient, selon la présentation faite par la CSMF, syndicat de médecins, le 29 juin 2026. Pour vous, cela signifie des prolongations plus fréquentes, chacune sur un nouvel avis à transmettre dans les mêmes délais. Les effets d’un arrêt qui dure, sur le salaire et les indemnités, sont détaillés dans notre page sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois.
La notice rappelle aussi une règle ancienne qui prend plus de poids avec ces prolongations : une prolongation doit être prescrite par le médecin qui a prescrit l’arrêt initial ou par le médecin traitant, sauf remplaçant, spécialiste consulté à la demande du médecin traitant ou hospitalisation. À défaut, un délai de carence peut à nouveau s’appliquer.
Deux rubriques du formulaire ont des conséquences directes au-delà de l’envoi.
« Adresse où le malade peut être visité ». Si vous passez votre arrêt ailleurs qu’à votre adresse habituelle, c’est ici qu’elle s’inscrit. Depuis le 27 juin 2026, l’article L323-6 du code de la sécurité sociale impose d’informer la caisse sans délai de cette adresse, parce que c’est là que les contrôles auront lieu.
Les sorties. Le médecin coche sorties non autorisées, sorties autorisées ou sorties sans restriction d’horaire, avec une date de départ. Avec des sorties autorisées, la notice rappelle que la présence au domicile s’impose de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h. Les trois régimes, les contrôles et ce que coûte une absence sont expliqués dans notre page sur l’arrêt de travail avec sortie autorisée, et le calendrier des vérifications dans celle sur le contrôle d’un arrêt maladie.
Les arrêts consécutifs à un accident du travail ou une maladie professionnelle suivent un circuit à part : la notice précise que, dans ce cas, c’est le médecin qui adresse directement l’avis au médecin-conseil. Le montant des indemnités n’est pas abordé ici, et le cas d’un avis rejeté malgré un envoi dans les temps relève d’un échange avec la caisse, puis, si le désaccord persiste, de sa commission de recours amiable.
Le formulaire d’avis d’arrêt de travail sécurisé, référencé cerfa n° 10170*08 sur le portail officiel des formulaires et sur Service Public. Il est obligatoire pour les arrêts papier depuis le 1er juillet 2025 et seul accepté depuis le 1er septembre 2025.
C’est la référence sous laquelle le formulaire sécurisé a été présenté au lancement, en 2025. Les sources officielles consultées en septembre 2026 citent la version 10170*08. La validité d’un avis tient à son support sécurisé : en cas de doute, la caisse d’assurance maladie tranche.
À son papier spécial, à son étiquette holographique qui ne se photocopie pas, à son encre magnétique et à la signature originale du prescripteur. Une photocopie, un scan ou une photo ne sont pas acceptés.
Salarié du privé : volets 1 et 2 au service médical de la caisse, sous l’enveloppe « M. ou Mme le Médecin-Conseil », dans les deux jours ; volet 3 à l’employeur. Fonctionnaire : volets 2 et 3 à l’employeur, volet 1 conservé.
Il est rejeté par l’Assurance maladie et retourné au prescripteur, et vous en êtes informé. Retournez voir le médecin sans attendre : un avis conforme arrivé hors délai peut entraîner une réduction des indemnités.
Seulement le volet 3 à l’employeur. Le médecin télétransmet lui-même les volets 1 et 2 à la caisse.
Une seule fois à distance, et pour trois jours au total au maximum, sauf s’il est prescrit par votre médecin traitant ou votre sage-femme référente, ou si vous justifiez ne pas pouvoir consulter en présentiel (article L6316-1 du code de la santé publique).
Sources :
Les règles citées valent au 25 septembre 2026. Le montant des indemnités, l’acceptation d’un avis contesté et les suites d’un envoi tardif relèvent de la caisse d’assurance maladie, seule à pouvoir les confirmer pour une situation donnée.