
Le nouveau congé parental dont on parle depuis 2026 n’en est pas un : c’est le congé supplémentaire de naissance, un à deux mois indemnisés par l’Assurance maladie, ouvert depuis le 1er juillet 2026. Le congé parental d’éducation, lui, existe toujours, avec les mêmes règles : jusqu’aux 3 ans de l’enfant, sans salaire, avec la PreParE versée par la CAF à hauteur de 459,70 € par mois à taux plein. Le gouvernement l’a écrit en toutes lettres : le congé de naissance ne remplace pas le congé parental, qui reste accessible aux familles.
Les deux congés se suivent, ils ne se superposent pas. Cette page porte sur le congé parental d’éducation du salarié du privé, sur la PreParE, et sur la manière de les enchaîner avec le congé de naissance. Le détail du nouveau congé lui-même, ses bénéficiaires, son indemnisation et son plafond, est traité dans notre page sur le nouveau congé de naissance. La confusion vient du vocabulaire. Les médias et les forums parlent de « nouveau congé parental », les textes de « congé supplémentaire de naissance », et le congé historique s’appelle « congé parental d’éducation ». Sur le terrain, ce sont deux droits différents, qui ne répondent pas au même besoin.
| Congé supplémentaire de naissance | Congé parental d’éducation | |
|---|---|---|
| Durée | 1 ou 2 mois par parent | 1 an, renouvelable jusqu’aux 3 ans de l’enfant |
| Ancienneté requise | Pas d’ancienneté dans l’entreprise ; conditions d’ouverture des indemnités journalières | 1 an dans l’entreprise |
| Revenu | Indemnités journalières de l’Assurance maladie, 70 % puis 60 % du salaire | Aucun salaire ; PreParE forfaitaire de la CAF, sous conditions |
| Qui verse | CPAM ou MSA | CAF ou MSA |
| Temps partiel possible | Non, c’est un arrêt complet | Oui, avec au moins 16 heures par semaine |
| Refus de l’employeur | Impossible si le délai de prévenance est respecté | Impossible |
Le premier est court et bien payé, le second est long et peu indemnisé. Le premier s’adresse aux premiers mois de l’enfant, le second peut courir jusqu’à son troisième anniversaire.
Le congé parental d’éducation est ouvert à tout salarié qui justifie d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise, à la naissance ou à l’adoption d’un enfant de moins de 16 ans. Il peut être pris à temps plein, ou sous forme d’une activité à temps partiel d’au moins 16 heures par semaine. Les règles figurent aux articles L1225-47 et suivants du code du travail.
La durée initiale est d’un an au plus. La suite dépend du nombre d’enfants nés en même temps :
| Enfants nés simultanément | Renouvellements | Fin du congé au plus tard |
|---|---|---|
| 1 | 2 fois | Le jour des 3 ans de l’enfant |
| 2 | 2 fois | À l’entrée à l’école maternelle |
| 3 ou plus | 5 fois | Le jour des 6 ans des enfants |
Chaque période de renouvellement peut être plus longue ou plus courte que la précédente. En cas de maladie, d’accident grave ou de handicap grave de l’enfant, le congé peut être prolongé d’une année au plus, sur certificat médical ; le handicap grave est reconnu dès lors que la famille perçoit l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé.
Pour une adoption, les bornes changent : jusqu’à 3 ans après l’arrivée au foyer pour un enfant de moins de 3 ans, et un an au plus, sans renouvellement, pour un enfant adopté entre 3 et 16 ans.
Le salarié d’un particulier employeur y a droit aussi, avec la même condition d’un an d’ancienneté, calculée sur un ou plusieurs emplois.
La demande se fait par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Elle indique la date de début et la durée du congé.
Le délai de prévenance dépend du moment où le congé commence :
Ce second cas est celui qui piège les parents qui enchaînent avec un congé supplémentaire de naissance. Service Public ne prévoit le délai court que pour un congé parental qui suit directement le congé de maternité ou d’adoption. Un parent qui prend d’abord ses deux mois de congé de naissance, puis un congé parental, se retrouve dans le cas général : c’est deux mois avant la date de début qu’il faut écrire, soit, en pratique, au plus tard au moment où commence un congé de naissance de deux mois.
L’employeur ne peut pas refuser le congé parental d’éducation. Pour le prolonger, ou le transformer en temps partiel, le salarié prévient au moins un mois avant la fin de la période en cours, et l’employeur ne peut pas davantage s’y opposer. En cas de refus, le conseil de prud’hommes peut être saisi.
Le congé parental n’est pas payé par l’employeur, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Le revenu de remplacement vient de la CAF, ou de la MSA pour le régime agricole : c’est la prestation partagée d’éducation de l’enfant, la PreParE. Le ministère du Travail rappelle aussi que les droits acquis sur un compte épargne temps peuvent servir à « financer » le congé.
Les montants mensuels affichés par Service Public, dans sa fiche vérifiée le 1er juin 2026 :
Deux parents peuvent la percevoir en même temps, mais le total des deux ne dépasse pas 459,70 €.
Pour y avoir droit, il faut avoir validé 8 trimestres de cotisations vieillesse sur une période de référence : les 2 dernières années avec un enfant à charge, les 4 dernières avec deux, les 5 dernières à partir de trois.
La durée de versement ne coïncide pas avec celle du congé, et c’est le point le plus souvent mal compris :
Autrement dit, un parent d’un premier enfant peut rester en congé parental jusqu’aux 3 ans de l’enfant, mais ne touchera la PreParE que 6 mois, et seulement avant le premier anniversaire.
Une partie de l’ordre est imposée. Le congé supplémentaire de naissance ne peut commencer qu’après avoir épuisé les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption. Le congé parental d’éducation peut ensuite prendre le relais. La CAF le résume ainsi : le nouveau congé n’a pas vocation à se substituer au congé parental, et les parents conservent la possibilité de recourir à la PreParE.
Deux règles de cumul organisent le passage de l’un à l’autre :
Avec un seul enfant, ces règles resserrent le calendrier. Prenons un enfant né en septembre et une mère dont le congé de maternité s’achève fin novembre. Deux mois de congé de naissance la mènent à fin janvier ; la PreParE peut s’ouvrir en février, et ses 6 mois courent jusqu’à fin juillet, juste avant le premier anniversaire. Un congé de naissance fractionné, ou une reprise intermédiaire, peut suffire à faire perdre des mois de PreParE, puisque la limite du premier anniversaire ne bouge pas. À partir de deux enfants, la fenêtre de 3 ans laisse beaucoup plus de marge.
Le calcul financier compte aussi. Sur deux mois, le congé de naissance verse 70 puis 60 % du salaire, là où la PreParE à taux plein reste fixe à 459,70 €. Pour la plupart des salariés, les deux mois de congé de naissance sont donc les mieux indemnisés de toute la période, et le congé parental prend le relais ensuite.
Sur le congé parental d’éducation lui-même, rien. Les fiches du ministère du Travail et de Service Public, mises à jour en juin 2026, décrivent la même condition d’ancienneté, les mêmes durées, les mêmes délais de prévenance et la même PreParE. Aucune d’elles ne mentionne une réforme de la durée du congé parental ni du montant de la prestation.
Ce qui change se trouve autour :
Ce qui explique les recherches sur un « nouveau congé parental prévu pour 2027 » : c’est l’ancienne date d’entrée en vigueur du congé de naissance, et non une seconde réforme.
Le contrat de travail est suspendu. Le salarié garde les avantages acquis avant le congé, mais ne peut exercer aucun autre emploi, à l’exception de l’activité d’assistant maternel. Pour l’ancienneté, un congé parental à temps plein compte pour moitié, selon l’article L1225-54 du code du travail.
Le congé peut servir à préparer la suite : le salarié peut demander un bilan de compétences, non rémunéré. Les étapes d’un bilan sont expliquées dans notre page sur le bilan de compétences.
Une reprise anticipée est possible avec l’accord de l’employeur, ou sans cet accord dans deux cas : le décès de l’enfant, ou une diminution importante des ressources du ménage. Le salarié adresse alors une lettre recommandée au moins un mois avant la date de reprise.
Au retour, il retrouve son précédent emploi, ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente, et il a droit à un entretien professionnel, l’un des entretiens que le code impose vraiment, comme le détaille notre page sur les réunions obligatoires. Un licenciement pendant ou à la fin du congé reste possible, mais seulement pour un motif sans rapport avec le congé, comme un motif économique ou une faute grave.
Les fonctionnaires relèvent d’un congé parental propre à la fonction publique, qui n’est pas traité ici. Pour une situation particulière, un désaccord avec l’employeur ou un calcul de droits à la PreParE, les interlocuteurs sont la CAF, les services du ministère du Travail en région, ou un avocat en droit social.
Le congé parental d’éducation garde ses règles : un an d’ancienneté, un an renouvelable jusqu’aux 3 ans de l’enfant, PreParE de 459,70 € à taux plein. La nouveauté est le congé supplémentaire de naissance, d’un ou deux mois par parent, qui se prend avant.
Le congé supplémentaire de naissance s’applique depuis le 1er juillet 2026, pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026.
Il n’y en a pas. 2027 était la date d’entrée en vigueur initialement prévue pour le congé supplémentaire de naissance, finalement avancée au 1er juillet 2026.
Un congé d’un ou deux mois par parent, indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Ses conditions sont détaillées dans notre page sur le nouveau congé de naissance.
Non. La PreParE est suspendue pendant la période indemnisée, puis peut reprendre le mois suivant la fin du congé.
Pas par l’employeur, sauf accord ou convention plus favorable. Le revenu vient de la PreParE, et éventuellement de l’allocation de base de la Paje, sous conditions de ressources.
Sources :
Les règles citées valent au 25 septembre 2026 pour les salariés du secteur privé et renvoient aux articles L1225-47 à L1225-59 du code du travail. Le montant et la durée de la PreParE dépendent de la situation familiale : seule la CAF ou la MSA peut les confirmer.