
La prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 n’existe pas sous ce nom : personne n’est licencié « pour invalidité ». Le classement en invalidité par la Sécurité sociale n’est pas un motif de licenciement, et licencier un salarié en raison de son état de santé est discriminatoire (article L1132-1 du code du travail). La rupture passe par une inaptitude constatée par le médecin du travail, puis par l’impossibilité de reclasser. L’indemnité versée est alors l’indemnité de licenciement pour inaptitude : au moins l’indemnité légale, doublée si l’inaptitude est d’origine professionnelle. Elle se cumule avec la pension d’invalidité.
L’invalidité de catégorie 2 désigne le classement, par la Sécurité sociale, d’une personne incapable d’exercer une activité professionnelle. Ce classement ne met donc pas fin au contrat : il reste suspendu, et seule une procédure menée par l’employeur et le médecin du travail peut y mettre fin.
La confusion entre ces deux notions est à l’origine de la plupart des erreurs.
| Invalidité | Inaptitude | |
|---|---|---|
| Qui décide | Le médecin-conseil de la caisse d’assurance maladie | Le médecin du travail (article L4624-4) |
| Ce qui est évalué | La capacité de travail ou de gain, tous emplois confondus | La capacité à occuper son poste dans l’entreprise |
| Effet sur le contrat | Aucun par lui-même | Peut conduire au reclassement ou au licenciement |
| Ce qui est versé | Une pension d’invalidité | Une indemnité de licenciement si la rupture intervient |
Seul le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte, après une étude de poste et un échange avec le salarié et l’employeur, lorsqu’aucun aménagement n’est possible, prévoit l’article L4624-4 du code du travail. La décision de la caisse ne s’impose pas à lui. Un salarié classé en invalidité de catégorie 2 peut donc, en théorie, être déclaré apte à un poste aménagé, et un salarié non pensionné peut être déclaré inapte.
L’employeur qui apprend le classement de son salarié en 2e catégorie ne peut pas rester passif. La Cour de cassation l’a jugé le 31 mars 2016 (pourvoi n° 14-28.306) : l’employeur informé du classement par un salarié qui n’a pas manifesté la volonté de ne pas reprendre le travail doit prendre l’initiative de faire passer la visite de reprise, et seul l’examen par le médecin du travail met fin à la suspension du contrat. Dans cette affaire, l’inaction de l’employeur a justifié la résiliation judiciaire du contrat à ses torts.
L’enchaînement est donc le suivant :
Le calendrier et l’obligation de reclassement sont décrits en détail dans notre page sur l’inaptitude au travail.
Une règle protège le salarié pendant la recherche de reclassement. L’article L1226-4 du code du travail prévoit que si, un mois après l’examen médical de reprise, le salarié déclaré inapte n’est ni reclassé ni licencié, l’employeur lui verse à nouveau le salaire correspondant à l’emploi qu’il occupait avant la suspension du contrat. Cette règle s’applique aussi à l’inaptitude à tout emploi dans l’entreprise. Un employeur qui laisse traîner la procédure paie donc un salaire au-delà d’un mois, alors même que le salarié ne travaille pas.
Le montant dépend d’une seule question : l’inaptitude est-elle d’origine professionnelle ou non ?
| Inaptitude non professionnelle | Inaptitude d’origine professionnelle | |
|---|---|---|
| Indemnité de licenciement | Au moins l’indemnité légale, ou conventionnelle si plus favorable | Indemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale |
| Condition d’ancienneté | 8 mois ininterrompus | Aucune |
| Préavis | Non exécuté et non payé (article L1226-4) | Indemnité d’un montant égal au préavis (article L1226-14) |
| Date de rupture | Notification du licenciement | Notification du licenciement |
Service Public rappelle le barème : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Pour un salarié en arrêt maladie, c’est le salaire d’avant l’arrêt qui sert de base, ce qui évite qu’une longue période d’indemnités journalières fasse fondre le montant. Les mois incomplets comptent au prorata.
Pour l’inaptitude non professionnelle, l’article L1226-4 précise que le préavis, s’il n’est ni exécuté ni payé, est pris en compte pour le calcul de l’indemnité. Un salarié qui a 12 ans d’ancienneté et droit à 2 mois de préavis, puisque l’article L1234-1 prévoit 2 mois au-delà de 2 ans d’ancienneté, voit donc son indemnité calculée sur 12 ans et 2 mois. Un exemple complet, poste par poste, figure dans notre page sur l’inaptitude.
Quand l’inaptitude résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, l’article L1226-14 prévoit une indemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale, sauf convention plus favorable, et une indemnité compensatrice d’un montant égal à celle du préavis. Cette protection tombe si le salarié a refusé abusivement un reclassement. La reconnaissance de l’origine professionnelle est donc décisive, ce qui suppose que l’accident ait été déclaré.
Non. Les deux sommes n’ont ni la même nature ni le même débiteur : l’indemnité de licenciement est versée une fois par l’employeur, la pension est versée chaque mois par la caisse. Le licenciement ne fait pas perdre la pension.
La pension d’invalidité de 2e catégorie est égale à 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, selon Service Public, dans des limites : 338,31 € par mois au minimum et 2 002,50 € au maximum, d’après la fiche vérifiée le 1er avril 2026. La pension continue jusqu’à l’âge de la retraite, où elle est remplacée par une pension de vieillesse, selon les règles décrites dans notre page sur la retraite et l’invalidité de 2e catégorie.
Sur le plan fiscal, Service Public indique que la part de l’indemnité de licenciement égale à l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu.
C’est le point que les salariés découvrent le plus tard, et il pèse lourd sur le budget. Un licenciement pour inaptitude ouvre droit aux allocations chômage, sous les conditions habituelles. Mais France Travail applique une règle de cumul précise avec la pension d’invalidité :
Prenons un salarié classé en 2e catégorie pendant son arrêt maladie, sans avoir jamais travaillé en percevant sa pension. Son salaire annuel moyen sur ses 10 meilleures années est de 30 000 €.
| Élément | Calcul | Montant mensuel |
|---|---|---|
| Pension d’invalidité brute | 30 000 € × 50 % ÷ 12 | 1 250 € |
| Pension nette retenue (hypothèse) | après prélèvements sociaux | environ 1 150 € |
| Allocation chômage (hypothèse) | selon son ancien salaire | 1 400 € |
| Allocation effectivement versée | 1 400 € - 1 150 € | 250 € |
Dans ce scénario, le salarié perçoit au total environ 1 400 € par mois, pension comprise, et non 2 550 € comme il aurait pu le penser en additionnant les deux. L’allocation et la pension de l’exemple sont des hypothèses ; le montant exact se calcule avec France Travail et la caisse. France Travail précise aussi que si la pension est suspendue ou supprimée, l’allocation est rétablie.
Beaucoup d’entreprises ont souscrit un contrat de prévoyance collective qui verse une rente d’invalidité en complément de la pension de la Sécurité sociale. Son montant, ses conditions et sa durée dépendent entièrement du contrat. Avant toute rupture, le salarié a intérêt à demander à l’employeur la notice du contrat de prévoyance et à vérifier ce qui reste dû après le licenciement. Ce que la prévoyance peut compléter pendant un arrêt long est abordé dans notre page sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois.
Quatre situations reviennent dans les litiges :
Elle porte sur un salarié du secteur privé. Les agents publics relèvent d’autres règles, notamment la mise en disponibilité d’office et la retraite pour invalidité. Elle ne calcule pas d’indemnité conventionnelle, propre à chaque convention collective, ni le montant exact d’une pension. Elle ne dit pas si une inaptitude est d’origine professionnelle : la caisse puis le juge tranchent. Pour un dossier précis, le médecin du travail, la caisse, France Travail, un avocat ou un défenseur syndical sont les interlocuteurs.
Le licenciement intervient pour inaptitude constatée par le médecin du travail. L’indemnité est au moins égale à l’indemnité légale, ou à l’indemnité conventionnelle si elle est plus favorable, et elle est doublée si l’inaptitude est d’origine professionnelle.
Organiser la visite de reprise auprès du médecin du travail dès qu’il est informé du classement, sauf si le salarié a fait savoir qu’il ne voulait pas reprendre le travail, selon la Cour de cassation (31 mars 2016). C’est cet examen qui met fin à la suspension du contrat.
Non. Licencier en raison de l’état de santé est interdit par l’article L1132-1 du code du travail. Seule une inaptitude constatée par le médecin du travail, suivie d’une impossibilité de reclassement, permet la rupture.
Non. L’indemnité de licenciement est versée par l’employeur et n’affecte pas la pension versée par la caisse.
50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois selon Service Public.
Oui, mais la pension nette est déduite de l’allocation, sauf si elle était déjà perçue pendant l’activité qui a ouvert les droits au chômage.
Un contrat de prévoyance collective peut verser une rente d’invalidité complémentaire. Les conditions et le montant dépendent du contrat, dont la notice se demande à l’employeur.
Pas en cas d’inaptitude non professionnelle : il n’est ni exécuté ni payé, mais il compte dans le calcul de l’indemnité. En cas d’origine professionnelle, une indemnité égale au préavis est versée.
Sources :
Ces règles valent au 5 octobre 2026. Elles s’appuient sur les articles L1132-1, L1226-4, L1226-14, L1234-1, L1234-9 et L4624-4 du code du travail. Les montants de l’exemple sont des hypothèses de calcul : la pension relève de la caisse d’assurance maladie, l’allocation de France Travail, et seuls ces organismes peuvent les confirmer.