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Accueil › Contrat › Prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 : calcul, inaptitude et cumuls

Mis à jour le 8 octobre 2026La rédaction d'Entreprise & Travail, Rédaction

Contrat

Prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 : calcul, inaptitude et cumuls

Prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 : calcul, inaptitude et cumuls
Illustration produite par Entreprise & Travail.

La prime de licenciement pour invalidité catégorie 2 n’existe pas sous ce nom : personne n’est licencié « pour invalidité ». Le classement en invalidité par la Sécurité sociale n’est pas un motif de licenciement, et licencier un salarié en raison de son état de santé est discriminatoire (article L1132-1 du code du travail). La rupture passe par une inaptitude constatée par le médecin du travail, puis par l’impossibilité de reclasser. L’indemnité versée est alors l’indemnité de licenciement pour inaptitude : au moins l’indemnité légale, doublée si l’inaptitude est d’origine professionnelle. Elle se cumule avec la pension d’invalidité.

L’invalidité de catégorie 2 désigne le classement, par la Sécurité sociale, d’une personne incapable d’exercer une activité professionnelle. Ce classement ne met donc pas fin au contrat : il reste suspendu, et seule une procédure menée par l’employeur et le médecin du travail peut y mettre fin.

Sommaire9 sections
  1. 01Invalidité et inaptitude : deux décisions, deux médecins
  2. 02Ce que doit faire l’employeur informé d’une invalidité de catégorie 2
  3. 03Quelles indemnités en cas de licenciement pour inaptitude
  4. 04La prime de licenciement touche-t-elle la pension d’invalidité ?
  5. 05Après le licenciement : pension et allocations chômage
  6. 06La prévoyance, souvent oubliée
  7. 07Les pièges du licenciement pour inaptitude
  8. 08Ce qui relève du contrat de prévoyance, pas de cette page
  9. 09Questions fréquentes

Invalidité et inaptitude : deux décisions, deux médecins

La confusion entre ces deux notions est à l’origine de la plupart des erreurs.

InvaliditéInaptitude
Qui décideLe médecin-conseil de la caisse d’assurance maladieLe médecin du travail (article L4624-4)
Ce qui est évaluéLa capacité de travail ou de gain, tous emplois confondusLa capacité à occuper son poste dans l’entreprise
Effet sur le contratAucun par lui-mêmePeut conduire au reclassement ou au licenciement
Ce qui est verséUne pension d’invaliditéUne indemnité de licenciement si la rupture intervient

Seul le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte, après une étude de poste et un échange avec le salarié et l’employeur, lorsqu’aucun aménagement n’est possible, prévoit l’article L4624-4 du code du travail. La décision de la caisse ne s’impose pas à lui. Un salarié classé en invalidité de catégorie 2 peut donc, en théorie, être déclaré apte à un poste aménagé, et un salarié non pensionné peut être déclaré inapte.

Ce que doit faire l’employeur informé d’une invalidité de catégorie 2

L’employeur qui apprend le classement de son salarié en 2e catégorie ne peut pas rester passif. La Cour de cassation l’a jugé le 31 mars 2016 (pourvoi n° 14-28.306) : l’employeur informé du classement par un salarié qui n’a pas manifesté la volonté de ne pas reprendre le travail doit prendre l’initiative de faire passer la visite de reprise, et seul l’examen par le médecin du travail met fin à la suspension du contrat. Dans cette affaire, l’inaction de l’employeur a justifié la résiliation judiciaire du contrat à ses torts.

L’enchaînement est donc le suivant :

  1. le salarié informe l’employeur de son classement en invalidité ;
  2. l’employeur organise la visite de reprise auprès du médecin du travail ;
  3. le médecin du travail se prononce : aptitude, aptitude avec aménagements, ou inaptitude ;
  4. en cas d’inaptitude, l’employeur recherche un reclassement ;
  5. si le reclassement est impossible, refusé, ou si l’avis dispense de le rechercher, l’employeur peut licencier.

Le calendrier et l’obligation de reclassement sont décrits en détail dans notre page sur l’inaptitude au travail.

Le délai d’un mois

Une règle protège le salarié pendant la recherche de reclassement. L’article L1226-4 du code du travail prévoit que si, un mois après l’examen médical de reprise, le salarié déclaré inapte n’est ni reclassé ni licencié, l’employeur lui verse à nouveau le salaire correspondant à l’emploi qu’il occupait avant la suspension du contrat. Cette règle s’applique aussi à l’inaptitude à tout emploi dans l’entreprise. Un employeur qui laisse traîner la procédure paie donc un salaire au-delà d’un mois, alors même que le salarié ne travaille pas.

Quelles indemnités en cas de licenciement pour inaptitude

Le montant dépend d’une seule question : l’inaptitude est-elle d’origine professionnelle ou non ?

Inaptitude non professionnelleInaptitude d’origine professionnelle
Indemnité de licenciementAu moins l’indemnité légale, ou conventionnelle si plus favorableIndemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale
Condition d’ancienneté8 mois ininterrompusAucune
PréavisNon exécuté et non payé (article L1226-4)Indemnité d’un montant égal au préavis (article L1226-14)
Date de ruptureNotification du licenciementNotification du licenciement

Le calcul de l’indemnité légale

Service Public rappelle le barème : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Pour un salarié en arrêt maladie, c’est le salaire d’avant l’arrêt qui sert de base, ce qui évite qu’une longue période d’indemnités journalières fasse fondre le montant. Les mois incomplets comptent au prorata.

Pour l’inaptitude non professionnelle, l’article L1226-4 précise que le préavis, s’il n’est ni exécuté ni payé, est pris en compte pour le calcul de l’indemnité. Un salarié qui a 12 ans d’ancienneté et droit à 2 mois de préavis, puisque l’article L1234-1 prévoit 2 mois au-delà de 2 ans d’ancienneté, voit donc son indemnité calculée sur 12 ans et 2 mois. Un exemple complet, poste par poste, figure dans notre page sur l’inaptitude.

L’indemnité spéciale en cas d’origine professionnelle

Quand l’inaptitude résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, l’article L1226-14 prévoit une indemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale, sauf convention plus favorable, et une indemnité compensatrice d’un montant égal à celle du préavis. Cette protection tombe si le salarié a refusé abusivement un reclassement. La reconnaissance de l’origine professionnelle est donc décisive, ce qui suppose que l’accident ait été déclaré.

La prime de licenciement touche-t-elle la pension d’invalidité ?

Non. Les deux sommes n’ont ni la même nature ni le même débiteur : l’indemnité de licenciement est versée une fois par l’employeur, la pension est versée chaque mois par la caisse. Le licenciement ne fait pas perdre la pension.

La pension d’invalidité de 2e catégorie est égale à 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, selon Service Public, dans des limites : 338,31 € par mois au minimum et 2 002,50 € au maximum, d’après la fiche vérifiée le 1er avril 2026. La pension continue jusqu’à l’âge de la retraite, où elle est remplacée par une pension de vieillesse, selon les règles décrites dans notre page sur la retraite et l’invalidité de 2e catégorie.

Sur le plan fiscal, Service Public indique que la part de l’indemnité de licenciement égale à l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu.

Après le licenciement : pension et allocations chômage

C’est le point que les salariés découvrent le plus tard, et il pèse lourd sur le budget. Un licenciement pour inaptitude ouvre droit aux allocations chômage, sous les conditions habituelles. Mais France Travail applique une règle de cumul précise avec la pension d’invalidité :

  • catégorie 1 : la pension se cumule intégralement avec l’allocation ;
  • catégories 2 et 3 : cumul intégral seulement si la pension était déjà perçue en même temps que les revenus de l’activité qui a ouvert les droits au chômage ; sinon, le montant net de la pension, avant impôt, est déduit de l’allocation.

Un exemple de ce que donne la déduction

Prenons un salarié classé en 2e catégorie pendant son arrêt maladie, sans avoir jamais travaillé en percevant sa pension. Son salaire annuel moyen sur ses 10 meilleures années est de 30 000 €.

ÉlémentCalculMontant mensuel
Pension d’invalidité brute30 000 € × 50 % ÷ 121 250 €
Pension nette retenue (hypothèse)après prélèvements sociauxenviron 1 150 €
Allocation chômage (hypothèse)selon son ancien salaire1 400 €
Allocation effectivement versée1 400 € - 1 150 €250 €

Dans ce scénario, le salarié perçoit au total environ 1 400 € par mois, pension comprise, et non 2 550 € comme il aurait pu le penser en additionnant les deux. L’allocation et la pension de l’exemple sont des hypothèses ; le montant exact se calcule avec France Travail et la caisse. France Travail précise aussi que si la pension est suspendue ou supprimée, l’allocation est rétablie.

La prévoyance, souvent oubliée

Beaucoup d’entreprises ont souscrit un contrat de prévoyance collective qui verse une rente d’invalidité en complément de la pension de la Sécurité sociale. Son montant, ses conditions et sa durée dépendent entièrement du contrat. Avant toute rupture, le salarié a intérêt à demander à l’employeur la notice du contrat de prévoyance et à vérifier ce qui reste dû après le licenciement. Ce que la prévoyance peut compléter pendant un arrêt long est abordé dans notre page sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois.

Les pièges du licenciement pour inaptitude

Quatre situations reviennent dans les litiges :

  • l’employeur qui ne fait rien après avoir appris l’invalidité : le contrat reste suspendu indéfiniment, le salarié ne touche ni salaire ni indemnité, et la Cour de cassation sanctionne cette inaction ;
  • l’origine professionnelle non reconnue : sans déclaration d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’indemnité spéciale doublée est perdue ;
  • le licenciement motivé par l’invalidité elle-même, au lieu de l’inaptitude et de l’impossibilité de reclasser : c’est un motif discriminatoire ;
  • le cumul mal anticipé entre pension et allocation chômage, qui réduit fortement le revenu attendu.

Ce qui relève du contrat de prévoyance, pas de cette page

Elle porte sur un salarié du secteur privé. Les agents publics relèvent d’autres règles, notamment la mise en disponibilité d’office et la retraite pour invalidité. Elle ne calcule pas d’indemnité conventionnelle, propre à chaque convention collective, ni le montant exact d’une pension. Elle ne dit pas si une inaptitude est d’origine professionnelle : la caisse puis le juge tranchent. Pour un dossier précis, le médecin du travail, la caisse, France Travail, un avocat ou un défenseur syndical sont les interlocuteurs.

Questions fréquentes

Quelles indemnités en cas de licenciement pour invalidité ?

Le licenciement intervient pour inaptitude constatée par le médecin du travail. L’indemnité est au moins égale à l’indemnité légale, ou à l’indemnité conventionnelle si elle est plus favorable, et elle est doublée si l’inaptitude est d’origine professionnelle.

Que doit faire un employeur en cas d’invalidité de catégorie 2 ?

Organiser la visite de reprise auprès du médecin du travail dès qu’il est informé du classement, sauf si le salarié a fait savoir qu’il ne voulait pas reprendre le travail, selon la Cour de cassation (31 mars 2016). C’est cet examen qui met fin à la suspension du contrat.

Peut-on être licencié pour invalidité ?

Non. Licencier en raison de l’état de santé est interdit par l’article L1132-1 du code du travail. Seule une inaptitude constatée par le médecin du travail, suivie d’une impossibilité de reclassement, permet la rupture.

La prime de licenciement fait-elle baisser la pension d’invalidité ?

Non. L’indemnité de licenciement est versée par l’employeur et n’affecte pas la pension versée par la caisse.

Combien rapporte une pension d’invalidité de catégorie 2 ?

50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois selon Service Public.

Peut-on toucher le chômage et une pension d’invalidité de catégorie 2 ?

Oui, mais la pension nette est déduite de l’allocation, sauf si elle était déjà perçue pendant l’activité qui a ouvert les droits au chômage.

Comment fonctionne la prévoyance en cas d’invalidité ?

Un contrat de prévoyance collective peut verser une rente d’invalidité complémentaire. Les conditions et le montant dépendent du contrat, dont la notice se demande à l’employeur.

Le préavis est-il payé en cas de licenciement pour inaptitude ?

Pas en cas d’inaptitude non professionnelle : il n’est ni exécuté ni payé, mais il compte dans le calcul de l’indemnité. En cas d’origine professionnelle, une indemnité égale au préavis est versée.

Sources :

  1. Code du travail, articles L1132-1, L4624-4, L1226-4, L1226-14 et L1234-1, Code du travail numérique, ministère du Travail, lus le 5 octobre 2026. https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1226-14
  2. Cour de cassation, chambre sociale, 31 mars 2016, pourvoi n° 14-28.306, Légifrance. https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000032357661
  3. Le salarié touche-t-il des indemnités en cas de licenciement pour inaptitude physique ?, Code du travail numérique, fiche Service Public mise à jour le 11 août 2025. https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/le-salarie-touche-t-il-des-indemnites-en-cas-de-licenciement-pour-inaptitude-physique
  4. Indemnité de licenciement d’un salarié en CDI (F987), Service Public, consultée le 5 octobre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F987
  5. Pension d’invalidité (F672), Service Public, vérifiée le 1er avril 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F672
  6. Je reçois une pension d’invalidité, France Travail, consultée le 5 octobre 2026. https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/a-chaque-situation-son-allocatio/quelle-est-ma-situation-personne/je-recois-une-pension-dinvalidit.html

Ces règles valent au 5 octobre 2026. Elles s’appuient sur les articles L1132-1, L1226-4, L1226-14, L1234-1, L1234-9 et L4624-4 du code du travail. Les montants de l’exemple sont des hypothèses de calcul : la pension relève de la caisse d’assurance maladie, l’allocation de France Travail, et seuls ces organismes peuvent les confirmer.