
La prime de reclassement CSP, c’est une somme égale à 50 % des droits à l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) qui restent au bénéficiaire. Elle est versée si celui-ci reprend un emploi d’au moins 6 mois avant la fin du 10e mois de son contrat de sécurisation professionnelle, et s’il avait au moins 1 an d’ancienneté au moment de son licenciement économique. Elle se demande dans les 30 jours qui suivent la reprise, et elle est payée en deux fois : à la reprise, puis 3 mois plus tard si l’emploi est conservé.
Le contrat de sécurisation professionnelle, ou CSP, est un dispositif d’accompagnement proposé à un salarié licencié pour motif économique. France Travail précise qu’il permet de bénéficier d’un accompagnement et d’une indemnisation pendant 12 mois. La prime au reclassement récompense une reprise d’emploi rapide.
Trois conditions doivent être réunies en même temps, d’après l’Unédic et France Travail :
Un CDD ou une mission de 4 mois n’ouvre donc pas la prime, même si l’emploi est repris dès le premier mois. À l’inverse, un CDI repris au 11e mois du CSP arrive trop tard. La durée du contrat et la date de reprise sont deux conditions distinctes, et les deux doivent être remplies.
| Condition | Seuil retenu |
|---|---|
| Ancienneté dans l’entreprise qui licencie | 1 an minimum |
| Type de contrat repris | CDI, CDD ou contrat de mission |
| Durée du contrat repris | 6 mois minimum |
| Date de la reprise | Avant la fin du 10e mois du CSP |
| Délai pour demander la prime | 30 jours après la reprise |
L’ancienneté pèse aussi sur le montant de l’allocation elle-même. France Travail indique que, pour un salarié justifiant d’un an d’ancienneté ou plus, l’ASP est égale à 75 % du salaire journalier de référence, versée pendant 12 mois au maximum. La prime se calcule sur ce qui reste de cette allocation.
La prime de reclassement CSP représente 50 % des droits à l’ASP restant à percevoir au moment de la reprise. France Travail l’exprime ainsi : une aide versée en deux fois, qui correspond à la moitié des droits restants. Le calcul est donc simple : on multiplie l’allocation par la durée qui reste, puis on divise par deux.
Deux exemples tirés de sources publiées permettent de le vérifier.
Premier exemple (Legalstart). Une ASP de 1 800 euros par mois, avec 5 mois de droits restants : (1 800 × 5) / 2, soit 4 500 euros. Chacune des deux fractions, égales entre elles, s’élève alors à 2 250 euros.
Second exemple (cabinet Kohen Avocats). Un salarié dispose encore de 180 jours d’ASP à 70 euros par jour lors de sa reprise. Ses droits résiduels sont de 12 600 euros. La prime théorique est de 6 300 euros, versée en deux fractions de 3 150 euros.
Le cabinet Kohen souligne un effet mécanique : reprendre plus tard réduit les droits résiduels, donc la prime. Un bénéficiaire qui retrouve un emploi au 3e mois conserve davantage de droits qu’un autre qui reprend au 9e mois. Une reprise rapide est la plus rentable, mais la prime reste calculée sur la situation du jour de la reprise, pas sur un montant fixe.
L’Unédic décrit deux versements : le premier lors de la reprise d’activité, le second 3 mois plus tard, à condition que le bénéficiaire ait conservé son emploi. Le cabinet Kohen précise que la prime ne peut être attribuée qu’une seule fois et donne lieu à deux versements égaux.
Il ajoute que le second versement n’est pas automatique au seul motif que trois mois se sont écoulés. Il suppose que l’emploi soit toujours en cours. Si le contrat repris prend fin avant, le second versement n’est pas dû. Legalstart le formule ainsi : le solde est versé trois mois plus tard, si le contrat est toujours en cours.
Une conséquence concrète : la moitié de la prime est acquise très tôt, l’autre moitié dépend de la stabilité de l’emploi repris. Pour un CDD d’exactement 6 mois, le second versement tombe au milieu du contrat, ce qui laisse le temps de le percevoir. Mais il faut que le contrat soit encore en cours à cette date.
La demande doit être faite dans les 30 jours qui suivent la reprise de l’emploi. L’Unédic, Legalstart et le cabinet Kohen s’accordent sur ce délai. France Travail indique de contacter son conseiller pour la présenter. Le conseiller remet les documents à remplir.
Un point de vigilance : les 30 jours courent à partir de la reprise, pas de la fin de la période d’essai ni de la première paie. Mieux vaut donc prévenir le conseiller dès la signature du contrat, sans attendre d’être installé dans le poste.
Sur la rapidité du traitement, un retour d’usager publié le 5 août 2024 sur la plateforme Services Publics+ rapporte qu’une conseillère CSP n’y voyait pas vraiment de délai, tout en préconisant d’attendre au moins 8 jours. Il s’agit d’un témoignage individuel, pas d’une règle : la seule échéance qui figure dans les fiches officielles est celle des 30 jours.
France Travail est clair : il n’y a pas de cumul possible entre l’ASP et le revenu d’activité, et la reprise d’une activité salariée entraîne la suspension totale de l’ASP. En cas de reprise d’un emploi en CDI, en CDD ou en contrat de travail temporaire d’au moins 6 mois, l’accompagnement au titre du CSP et le versement de l’ASP cessent.
C’est précisément pour compenser cette fin des allocations que la prime existe. Elle remplace, en partie, les mois d’ASP qui ne seront plus versés. Legalstart l’indique : le bénéficiaire cesse alors de bénéficier du CSP et de l’ASP.
Le CSP ne s’arrête pas dans ce cas, mais la prime n’est pas due. France Travail précise qu’en cas de reprise d’un emploi salarié d’au moins 3 jours et de moins de 6 mois, les périodes d’activité intervenues à compter du 7e mois du CSP allongent le dispositif, dans la limite de 3 mois. L’ASP reste d’ailleurs conditionnée à l’actualisation : il faut s’actualiser chaque mois pour déclencher le versement.
Le sujet touche à la prime, car la reprise d’emploi peut échouer. France Travail indique qu’en cas de rupture de la période d’essai, le bénéficiaire peut réintégrer le CSP, à condition que le terme de son CSP, allongé selon les mêmes conditions, ne soit pas atteint. Peu importe que la rupture vienne du salarié ou de l’employeur. Les règles de l’essai lui-même, délais de prévenance et durées maximales, sont détaillées dans notre page sur la fin de période d’essai.
Le cumul est encadré de deux façons.
La prime et l’indemnité différentielle de reclassement (IDR). L’Unédic indique que la prime n’est pas cumulable avec l’IDR pour un même emploi. Le cabinet Kohen cite la même règle, en la rattachant à l’article 13 de la convention relative au CSP. Il faut donc choisir.
L’IDR est une autre aide du CSP. Selon France Travail, elle compense chaque mois la perte de rémunération pour un temps de travail équivalent, dans la limite de 12 mois et de 50 % des droits restants à l’ASP. Elle concerne celui qui reprend un emploi moins rémunéré avant le terme de son CSP. L’Unédic en donne la formule : (SJR × 30) moins le salaire mensuel brut de l’emploi repris, soit la différence entre l’ancien salaire mensuel de référence et le nouveau salaire.
| Prime au reclassement | IDR | |
|---|---|---|
| Montant | 50 % des droits ASP restants | Différence de salaire, plafonnée à 50 % des droits résiduels |
| Versement | En deux fois | Chaque mois, 12 mois maximum |
| Condition de contrat | Emploi d’au moins 6 mois | Emploi moins rémunéré, avant le terme du CSP |
| Cumul pour un même emploi | Non | Non |
La prime convient plutôt à celui qui retrouve un salaire équivalent. L’IDR convient plutôt à celui qui accepte un salaire inférieur. Dans le cas de l’IDR, l’Unédic précise que le versement dure 12 mois maximum, sous réserve que l’activité reprise ne cesse pas.
Les autres aides de l’assurance chômage. L’Unédic note que les aides prévues dans le cadre du CSP ne peuvent pas se cumuler simultanément avec les autres aides de l’assurance chômage. Les dispositifs ordinaires, comme ceux qui s’appliquent après un CDD, relèvent d’un autre régime : voir notre page sur le chômage après un CDD.
Le CSP concerne le licenciement économique, et la prime exige 1 an d’ancienneté au moment de ce licenciement. Un salarié qui avait moins d’un an d’ancienneté ne remplit donc pas cette condition de la prime, d’après l’Unédic et France Travail.
Le sujet de l’employeur compte aussi. L’Unédic, dans sa fiche mise à jour le 5 octobre 2026, rappelle que les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent proposer un congé de reclassement plutôt qu’un CSP. Cette page ne détaille pas ce congé.
Un licenciement pour un autre motif, l’inaptitude par exemple, ne passe pas par le CSP. Ses règles d’indemnisation sont exposées dans notre page sur la durée du chômage après licenciement pour inaptitude. Les sommes dues à la sortie de l’entreprise, elles, suivent leurs propres délais, présentés dans la page sur le solde de tout compte.
Cette page présente les règles de la prime telles que les publient l’Unédic, France Travail et un cabinet d’avocats. Elle ne traite pas du calcul du salaire journalier de référence, ni de l’allocation due aux bénéficiaires de moins d’un an d’ancienneté, ni du congé de reclassement. Le cas particulier d’un contrat qui s’interromprait entre les deux versements relève du conseiller France Travail. Pour un calcul personnel, c’est lui qui notifie les droits. En cas de refus ou de désaccord, un avocat ou un défenseur syndical peut examiner le dossier.
Avoir au moins 1 an d’ancienneté au moment du licenciement économique, et reprendre avant la fin du 10e mois du CSP un emploi d’au moins 6 mois en CDI, CDD ou contrat de mission.
Elle équivaut à 50 % des droits à l’ASP restants au moment de la reprise. Avec 1 800 euros par mois et 5 mois de droits restants, elle atteint 4 500 euros.
Dans les 30 jours qui suivent la reprise de l’emploi, auprès du conseiller France Travail, qui remet les documents à remplir.
En deux fractions égales : la première lors de la reprise d’activité, la seconde 3 mois plus tard si le bénéficiaire a conservé son emploi.
Non, pas pour un même emploi. Il faut choisir entre l’une et l’autre.
Non. La reprise d’une activité salariée suspend totalement l’ASP. Pour un emploi d’au moins 6 mois, le CSP et le versement de l’ASP cessent.
Le bénéficiaire peut réintégrer le CSP, tant que le terme de celui-ci, allongé selon les mêmes conditions, n’est pas atteint.
Sources :
Ces règles sont celles publiées par l’Unédic et France Travail à la date du 9 octobre 2026. Le montant et la date de versement de la prime sont notifiés par France Travail, seul habilité à les fixer pour une situation donnée.