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Accueil › Droits › Congés d’été : les 2 semaines consécutives sont-elles obligatoires

Mis à jour le 12 octobre 2026La rédaction d'Entreprise & Travail, Rédaction

Droits

Congés d’été : les 2 semaines consécutives sont-elles obligatoires

Congés d’été : les 2 semaines consécutives sont-elles obligatoires
Illustration produite par Entreprise & Travail.

Oui, pour la plupart des salariés : un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables, soit 2 semaines non fractionnées, doit être pris entre le 1er mai et le 31 octobre. Ce même congé ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables d’un seul tenant, soit 4 semaines. Si le salarié ne prend pas ses 4 semaines dans cette période, il gagne 1 ou 2 jours supplémentaires de fractionnement, selon le nombre de jours pris en dehors.

La question des congés été 2 semaines consécutives obligatoires revient chaque printemps, au moment de remplir le planning. Cette page décrit la règle du congé principal, le rôle de l’employeur et de l’accord collectif, puis le cas du salarié qui voudrait moins de deux semaines d’affilée.

Sommaire9 sections
  1. 01Congés été 2 semaines consécutives obligatoires : ce que prévoit la règle
  2. 02Qui fixe la période et les dates du congé principal ?
  3. 03L’employeur peut-il refuser vos dates ou changer les siennes ?
  4. 04Fractionner son congé d’été : les jours supplémentaires
  5. 05Le salarié qui demande moins de 2 semaines d’affilée
  6. 06Maladie, report et congés non pris
  7. 07Congés d’été et situations particulières
  8. 08Ce que cette page ne traite pas
  9. 09Questions fréquentes

Congés été 2 semaines consécutives obligatoires : ce que prévoit la règle

Le droit de départ est simple. Chaque salarié acquiert 2,5 jours de congé par mois travaillé, soit 30 jours par an, ou 5 semaines, d’après le ministère de l’Économie (Bercy infos Entreprises, 7 octobre 2025). Ces congés doivent être pris chaque année et ne peuvent pas être remplacés par de l’argent. L’employeur ne peut ni les supprimer ni demander au salarié de ne pas les prendre : le droit aux congés payés est d’ordre public.

Sur cette base, le salarié doit bénéficier d’un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables. Cela représente 2 semaines de vacances non fractionnées, prises sur la période allant du 1er mai au 31 octobre, précise Lucca. Cette période est celle que le ministère de l’Économie appelle la période principale des congés, celle qui comprend l’été. C’est de là que vient l’idée de congés été 2 semaines consécutives obligatoires : 12 jours ouvrables continus font deux semaines.

Le congé principal est donc obligatoire dans sa forme (12 jours ouvrables d’affilée) et dans sa période (1er mai au 31 octobre). Il ne se confond pas avec l’ensemble des congés : sur 5 semaines, les 3 autres peuvent se répartir librement dans l’année, selon les règles de l’entreprise.

Les deux plafonds à retenir

ÉlémentValeurSource
Congés acquis par mois travaillé2,5 joursBercy infos Entreprises
Congés acquis par an30 jours, soit 5 semainesBercy infos Entreprises
Congé principal minimum, d’un seul tenant12 jours ouvrables (2 semaines)Lucca
Période de prise du congé principaldu 1er mai au 31 octobreBercy infos Entreprises
Durée maximale d’un congé continu24 jours ouvrables (4 semaines)Lucca

L’employeur ne peut donc pas imposer de prendre les 5 semaines d’un seul coup. La cinquième semaine doit être posée, ou imposée, à un autre moment de l’année, explique Lucca.

Qui fixe la période et les dates du congé principal ?

C’est l’employeur qui décide de la période pour les congés et qui choisit l’ordre des départs, selon Bercy. Il dispose pour cela de son pouvoir de direction. Les dates peuvent aussi être fixées par un accord d’entreprise ou par une convention collective.

L’article L3141-16 du code du travail précise la manière de procéder. À défaut d’accord, l’employeur :

  1. définit, après avis, le cas échéant, du comité social et économique, la période de prise des congés ;
  2. fixe l’ordre des départs en tenant compte de plusieurs critères, dont la durée des services chez l’employeur et l’activité chez un ou plusieurs autres employeurs ;
  3. ne peut pas, sauf circonstances exceptionnelles, modifier l’ordre et les dates de départ moins d’un mois avant la date prévue.

Pour la période comme pour les dates, l’ordre des départs est fixé soit par un accord d’entreprise ou de branche, soit par l’employeur avec l’avis du comité social et économique (CSE), indique Lucca. Parmi les critères que cette source cite figurent la situation de famille du salarié (présence au foyer d’une personne handicapée ou d’une personne âgée en perte d’autonomie, possibilités de congé du conjoint), son ancienneté dans l’entreprise et son activité chez d’autres employeurs.

Lucca ajoute un point qui touche les entreprises qui ferment l’été : une fermeture de l’établissement pendant la période de congés oblige tous les salariés à prendre leurs congés pendant cette période.

L’employeur peut-il refuser vos dates ou changer les siennes ?

Deux situations se présentent, et la règle du délai joue dans les deux sens.

L’employeur fixe ou modifie les dates. Il doit prévenir au moins 1 mois à l’avance, sauf circonstances exceptionnelles. Ce délai de principe peut être plus court si un accord d’entreprise, d’établissement, de branche ou une convention collective le prévoit (Lucca). L’article L3141-16 interdit de modifier l’ordre et les dates de départ moins d’un mois avant la date prévue, hors circonstances exceptionnelles.

Le salarié refuse des dates imposées. Selon Lucca, il peut refuser un congé imposé si l’employeur n’a pas respecté le délai d’information. En revanche, si le délai est respecté et qu’aucune circonstance exceptionnelle n’est en jeu, le refus n’est pas justifié et peut être considéré comme une faute professionnelle pouvant aller jusqu’au licenciement. Avant de refuser, mieux vaut donc vérifier la date à laquelle l’information a été donnée.

Le sens de la règle est le même dans les deux cas : la date du congé n’est pas un choix libre du salarié, ni une décision que l’employeur peut changer à la dernière minute.

Fractionner son congé d’été : les jours supplémentaires

Le salarié peut prendre ses congés en plusieurs fois, rappelle Bercy. Cela ne supprime pas la règle du congé principal, mais cela change le décompte des jours.

Quand le salarié ne prend pas ses 4 semaines entre le 1er mai et le 31 octobre, des jours supplémentaires de fractionnement s’ajoutent :

Jours pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobreJours supplémentaires
6 jours ou plus2 jours
de 3 à 5 jours1 jour

Ces chiffres sont ceux de Bercy et des Éditions Tissot. Un exemple pour fixer les idées : un salarié prend 4 jours de congé en février, en dehors de la période légale. Ces 4 jours se situent dans la tranche de 3 à 5 jours : il bénéficie d’un jour supplémentaire. S’il en avait pris 6, il aurait eu 2 jours en plus.

Le fractionnement ne peut pas être imposé

Les Éditions Tissot le rappellent : le fractionnement ne peut pas être imposé par l’employeur, il nécessite l’agrément du salarié. Le salarié peut aussi demander lui-même à fractionner ses congés. Dans ce cas, l’employeur ne peut pas se servir du simple fait que la demande vienne du salarié pour le priver des jours de fractionnement qui lui sont dus.

La renonciation aux jours de fractionnement

Les jours de fractionnement peuvent toutefois être écartés, à des conditions précises, d’après la même source :

  • un formulaire de demande de congés pré-rempli peut valablement prévoir la renonciation du salarié à ses congés pour fractionnement ; signé par le salarié, il vaut renonciation expresse ;
  • la renonciation peut aussi résulter d’une autre voie dans laquelle l’accord individuel du salarié n’est pas nécessaire, mais l’autre solution consiste à obtenir sa renonciation individuelle ;
  • une simple note de service énonçant que les salariés qui fractionnent leur congé principal perdent leurs congés supplémentaires ne suffit pas à valoir renonciation expresse.

Concrètement, un salarié qui signe un formulaire de congés contenant une clause de renonciation n’aura pas de jours supplémentaires, alors qu’une note affichée dans l’entreprise ne l’en prive pas.

Le salarié qui demande moins de 2 semaines d’affilée

C’est le cas le plus fréquent dans la pratique : un salarié préfère partir une semaine en juillet et une autre en août. Ce que disent les sources lues est le suivant.

  • Le salarié peut prendre ses congés en plusieurs fois (Bercy), et peut demander lui-même le fractionnement (Éditions Tissot).
  • Le fractionnement exige l’agrément du salarié : l’employeur ne peut pas l’imposer.
  • La règle du congé continu d’au moins 12 jours ouvrables sur la période du 1er mai au 31 octobre reste la règle de référence (Lucca).

Ces sources ne permettent pas de dire dans quels cas précis l’employeur peut refuser que le salarié fractionne son congé principal, ni comment un accord collectif peut aménager cette règle. Pour un cas précis, la convention collective, l’accord d’entreprise et le service des ressources humaines sont les premiers endroits à consulter. L’inspection du travail peut renseigner en cas de désaccord.

Dans tous les cas, la question des congés été 2 semaines consécutives obligatoires se règle d’abord par le dialogue sur le planning, puis par les accords applicables dans l’entreprise.

Maladie, report et congés non pris

Trois règles complètent le tableau, toutes tirées de la fiche de Bercy.

  • Maladie pendant les congés. Si le salarié tombe malade pendant ses congés, les jours d’arrêt ne comptent pas comme des jours de congé.
  • Report. Les congés peuvent être reportés pendant 15 mois.
  • Pas d’argent à la place. Les congés ne peuvent pas être remplacés par de l’argent : l’objectif est de les prendre réellement.

Pour la durée des arrêts eux-mêmes, notre page sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois décrit ce qui se passe quand l’arrêt se prolonge.

Congés d’été et situations particulières

La règle du congé principal concerne le droit commun des congés payés. D’autres absences suivent des règles distinctes. Le congé de naissance et le nouveau congé parental ont chacun leur régime, traité dans leurs pages dédiées. Pour les salariés embauchés sur une courte durée, la page sur les droits des saisonniers décrit les règles qui s’appliquent à ce type de contrat.

Ce que cette page ne traite pas

Cette page porte sur les congés payés du salarié du secteur privé, d’après les sources citées plus bas. Elle ne détaille pas les règles propres à une convention collective particulière, ni le calcul de l’indemnité de congés payés, ni les congés des agents publics. Les articles du code du travail au-delà de l’article L3141-16 ne sont pas commentés ici. Pour un cas personnel, le médecin du travail, l’inspection du travail, un avocat ou un défenseur syndical sont les bons interlocuteurs.

Questions fréquentes

Les congés été 2 semaines consécutives obligatoires, c’est vrai ?

Oui. Le salarié doit bénéficier d’un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables, soit 2 semaines non fractionnées, sur la période du 1er mai au 31 octobre (Lucca).

Peut-on prendre 5 semaines de congé d’un coup ?

Non. L’employeur ne peut pas l’imposer, et un congé continu est limité à 24 jours ouvrables, soit 4 semaines. La cinquième semaine se pose à un autre moment de l’année (Lucca).

Combien de jours de fractionnement a-t-on droit ?

2 jours supplémentaires si au moins 6 jours sont pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, 1 jour si le reliquat est de 3 à 5 jours (Bercy, Éditions Tissot).

L’employeur peut-il m’imposer les dates de congés ?

Oui, dans le cadre de son pouvoir de direction et des accords applicables, mais il doit prévenir au moins 1 mois à l’avance, sauf circonstances exceptionnelles. Il ne peut pas non plus imposer le fractionnement, qui nécessite l’agrément du salarié.

Puis-je refuser un congé imposé ?

Seulement si l’employeur n’a pas respecté le délai d’information. Si le délai est respecté, sans circonstance exceptionnelle, le refus peut constituer une faute professionnelle (Lucca).

Un arrêt maladie pendant les vacances compte-t-il comme congé ?

Non. Les jours de maladie pendant les congés ne comptent pas comme congés (Bercy).

Peut-on renoncer aux jours de fractionnement ?

Oui, par une renonciation expresse, par exemple sur un formulaire de congés signé qui la prévoit. Une simple note de service ne suffit pas (Éditions Tissot).

Sources :

  1. L3141-16, Code du travail numérique, ministère du Travail, mis à jour le 1er janvier 2018, consulté le 9 octobre 2026. https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l3141-16
  2. Tout savoir sur les congés payés de vos salariés, Bercy infos Entreprises, ministère de l’Économie, 7 octobre 2025. https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-ses-ressources-humaines-et-ses-salaries/tout-savoir-sur-les-conges-payes-de-vos-salaries
  3. Congés payés pour fractionnement : le salarié peut-il y renoncer ?, Éditions Tissot, 2026. https://www.editions-tissot.fr/actualite/droit-du-travail/conges-payes-pour-fractionnement-le-salarie-peut-il-y-renoncer
  4. L’employeur peut-il imposer les dates de congés ?, Lucca, consulté le 9 octobre 2026. https://www.lucca.fr/magazine/administration/conges-et-absences/employeur-imposer-conges

Les règles citées valent au 9 octobre 2026 d’après les sources ci-dessus. Pour un cas précis, la convention collective applicable, l’inspection du travail ou un avocat permettent de vérifier la règle qui s’applique à votre situation.