
Oui, pour la plupart des salariés : un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables, soit 2 semaines non fractionnées, doit être pris entre le 1er mai et le 31 octobre. Ce même congé ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables d’un seul tenant, soit 4 semaines. Si le salarié ne prend pas ses 4 semaines dans cette période, il gagne 1 ou 2 jours supplémentaires de fractionnement, selon le nombre de jours pris en dehors.
La question des congés été 2 semaines consécutives obligatoires revient chaque printemps, au moment de remplir le planning. Cette page décrit la règle du congé principal, le rôle de l’employeur et de l’accord collectif, puis le cas du salarié qui voudrait moins de deux semaines d’affilée.
Le droit de départ est simple. Chaque salarié acquiert 2,5 jours de congé par mois travaillé, soit 30 jours par an, ou 5 semaines, d’après le ministère de l’Économie (Bercy infos Entreprises, 7 octobre 2025). Ces congés doivent être pris chaque année et ne peuvent pas être remplacés par de l’argent. L’employeur ne peut ni les supprimer ni demander au salarié de ne pas les prendre : le droit aux congés payés est d’ordre public.
Sur cette base, le salarié doit bénéficier d’un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables. Cela représente 2 semaines de vacances non fractionnées, prises sur la période allant du 1er mai au 31 octobre, précise Lucca. Cette période est celle que le ministère de l’Économie appelle la période principale des congés, celle qui comprend l’été. C’est de là que vient l’idée de congés été 2 semaines consécutives obligatoires : 12 jours ouvrables continus font deux semaines.
Le congé principal est donc obligatoire dans sa forme (12 jours ouvrables d’affilée) et dans sa période (1er mai au 31 octobre). Il ne se confond pas avec l’ensemble des congés : sur 5 semaines, les 3 autres peuvent se répartir librement dans l’année, selon les règles de l’entreprise.
| Élément | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Congés acquis par mois travaillé | 2,5 jours | Bercy infos Entreprises |
| Congés acquis par an | 30 jours, soit 5 semaines | Bercy infos Entreprises |
| Congé principal minimum, d’un seul tenant | 12 jours ouvrables (2 semaines) | Lucca |
| Période de prise du congé principal | du 1er mai au 31 octobre | Bercy infos Entreprises |
| Durée maximale d’un congé continu | 24 jours ouvrables (4 semaines) | Lucca |
L’employeur ne peut donc pas imposer de prendre les 5 semaines d’un seul coup. La cinquième semaine doit être posée, ou imposée, à un autre moment de l’année, explique Lucca.
C’est l’employeur qui décide de la période pour les congés et qui choisit l’ordre des départs, selon Bercy. Il dispose pour cela de son pouvoir de direction. Les dates peuvent aussi être fixées par un accord d’entreprise ou par une convention collective.
L’article L3141-16 du code du travail précise la manière de procéder. À défaut d’accord, l’employeur :
Pour la période comme pour les dates, l’ordre des départs est fixé soit par un accord d’entreprise ou de branche, soit par l’employeur avec l’avis du comité social et économique (CSE), indique Lucca. Parmi les critères que cette source cite figurent la situation de famille du salarié (présence au foyer d’une personne handicapée ou d’une personne âgée en perte d’autonomie, possibilités de congé du conjoint), son ancienneté dans l’entreprise et son activité chez d’autres employeurs.
Lucca ajoute un point qui touche les entreprises qui ferment l’été : une fermeture de l’établissement pendant la période de congés oblige tous les salariés à prendre leurs congés pendant cette période.
Deux situations se présentent, et la règle du délai joue dans les deux sens.
L’employeur fixe ou modifie les dates. Il doit prévenir au moins 1 mois à l’avance, sauf circonstances exceptionnelles. Ce délai de principe peut être plus court si un accord d’entreprise, d’établissement, de branche ou une convention collective le prévoit (Lucca). L’article L3141-16 interdit de modifier l’ordre et les dates de départ moins d’un mois avant la date prévue, hors circonstances exceptionnelles.
Le salarié refuse des dates imposées. Selon Lucca, il peut refuser un congé imposé si l’employeur n’a pas respecté le délai d’information. En revanche, si le délai est respecté et qu’aucune circonstance exceptionnelle n’est en jeu, le refus n’est pas justifié et peut être considéré comme une faute professionnelle pouvant aller jusqu’au licenciement. Avant de refuser, mieux vaut donc vérifier la date à laquelle l’information a été donnée.
Le sens de la règle est le même dans les deux cas : la date du congé n’est pas un choix libre du salarié, ni une décision que l’employeur peut changer à la dernière minute.
Le salarié peut prendre ses congés en plusieurs fois, rappelle Bercy. Cela ne supprime pas la règle du congé principal, mais cela change le décompte des jours.
Quand le salarié ne prend pas ses 4 semaines entre le 1er mai et le 31 octobre, des jours supplémentaires de fractionnement s’ajoutent :
| Jours pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre | Jours supplémentaires |
|---|---|
| 6 jours ou plus | 2 jours |
| de 3 à 5 jours | 1 jour |
Ces chiffres sont ceux de Bercy et des Éditions Tissot. Un exemple pour fixer les idées : un salarié prend 4 jours de congé en février, en dehors de la période légale. Ces 4 jours se situent dans la tranche de 3 à 5 jours : il bénéficie d’un jour supplémentaire. S’il en avait pris 6, il aurait eu 2 jours en plus.
Les Éditions Tissot le rappellent : le fractionnement ne peut pas être imposé par l’employeur, il nécessite l’agrément du salarié. Le salarié peut aussi demander lui-même à fractionner ses congés. Dans ce cas, l’employeur ne peut pas se servir du simple fait que la demande vienne du salarié pour le priver des jours de fractionnement qui lui sont dus.
Les jours de fractionnement peuvent toutefois être écartés, à des conditions précises, d’après la même source :
Concrètement, un salarié qui signe un formulaire de congés contenant une clause de renonciation n’aura pas de jours supplémentaires, alors qu’une note affichée dans l’entreprise ne l’en prive pas.
C’est le cas le plus fréquent dans la pratique : un salarié préfère partir une semaine en juillet et une autre en août. Ce que disent les sources lues est le suivant.
Ces sources ne permettent pas de dire dans quels cas précis l’employeur peut refuser que le salarié fractionne son congé principal, ni comment un accord collectif peut aménager cette règle. Pour un cas précis, la convention collective, l’accord d’entreprise et le service des ressources humaines sont les premiers endroits à consulter. L’inspection du travail peut renseigner en cas de désaccord.
Dans tous les cas, la question des congés été 2 semaines consécutives obligatoires se règle d’abord par le dialogue sur le planning, puis par les accords applicables dans l’entreprise.
Trois règles complètent le tableau, toutes tirées de la fiche de Bercy.
Pour la durée des arrêts eux-mêmes, notre page sur l’arrêt maladie de plus de 3 mois décrit ce qui se passe quand l’arrêt se prolonge.
La règle du congé principal concerne le droit commun des congés payés. D’autres absences suivent des règles distinctes. Le congé de naissance et le nouveau congé parental ont chacun leur régime, traité dans leurs pages dédiées. Pour les salariés embauchés sur une courte durée, la page sur les droits des saisonniers décrit les règles qui s’appliquent à ce type de contrat.
Cette page porte sur les congés payés du salarié du secteur privé, d’après les sources citées plus bas. Elle ne détaille pas les règles propres à une convention collective particulière, ni le calcul de l’indemnité de congés payés, ni les congés des agents publics. Les articles du code du travail au-delà de l’article L3141-16 ne sont pas commentés ici. Pour un cas personnel, le médecin du travail, l’inspection du travail, un avocat ou un défenseur syndical sont les bons interlocuteurs.
Oui. Le salarié doit bénéficier d’un congé continu d’au moins 12 jours ouvrables, soit 2 semaines non fractionnées, sur la période du 1er mai au 31 octobre (Lucca).
Non. L’employeur ne peut pas l’imposer, et un congé continu est limité à 24 jours ouvrables, soit 4 semaines. La cinquième semaine se pose à un autre moment de l’année (Lucca).
2 jours supplémentaires si au moins 6 jours sont pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, 1 jour si le reliquat est de 3 à 5 jours (Bercy, Éditions Tissot).
Oui, dans le cadre de son pouvoir de direction et des accords applicables, mais il doit prévenir au moins 1 mois à l’avance, sauf circonstances exceptionnelles. Il ne peut pas non plus imposer le fractionnement, qui nécessite l’agrément du salarié.
Seulement si l’employeur n’a pas respecté le délai d’information. Si le délai est respecté, sans circonstance exceptionnelle, le refus peut constituer une faute professionnelle (Lucca).
Non. Les jours de maladie pendant les congés ne comptent pas comme congés (Bercy).
Oui, par une renonciation expresse, par exemple sur un formulaire de congés signé qui la prévoit. Une simple note de service ne suffit pas (Éditions Tissot).
Sources :
Les règles citées valent au 9 octobre 2026 d’après les sources ci-dessus. Pour un cas précis, la convention collective applicable, l’inspection du travail ou un avocat permettent de vérifier la règle qui s’applique à votre situation.